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Samedi 9 février 2008

undefined Petite Lou

Je vis 10 mois après ton départ, et je vis bien, rigoureusement différement mais bien, cette douleur est mienne dans le moindre recoin de mon corps, de mon âme, mon cœur est emputé, la cicatrice est bien là, visible de mon seul regard. J’ai apprivoisé la douleur ou plutôt c’est elle qui a choisi de se rendre complice, dans chacun de mes gestes, dans chacune de mes paroles, de mes pensées elle se fait l’ombre de moi même, reflet de mon fort intérieur, elle se fait même caline, se veut rassurante, tu vois la vie continue, à mes côtés tu trônes avec tout cet amour, on est capable d’aimer par delà la mort, encore et encore peut être même plus fort plus loin, tu m’accompagnes chaque jour prolongement invisible de l’extérieur, mon corps s’exécute, mon esprit s’éveille s’active à la vie, et mon cœur suit parfois maladroitement mais la vie nous sourit aussi, tu vois on vit. 10 mois sans toi, et le souvenir de ton corps qui vit dans mes bras, ce souvenir de cette vie qui ne peut plus lutter, arrachée à ton abris, cette vie qui s’en va, ces poumons qui ne peuvent plus prendre cet air, et ton cœur qui s’arrête. c’est notre au revoir, notre impuissance, mes gémissements, tes frémissements, comme le décompte de cette mort annoncée. As t-u senti mon amour, ma douleur, es-tu partie remplie de mon amour, ou est ce la violence de ma douleur qui a résonné en dernier. Si j’ai accepté ton départ je ne peux accepter que tu sois partie au milieu de mes cris. Jusqu’à mon dernier souffle c’est ce souvenir qui viendra marquer mon réveil. Chaque journée est empreinte de ce déchirement, mais je me lève et je m’active à la vie, elle reprend ses droits. Je l’accepte, et même je l’attends.

Petit cœur dans le mien, si j’ai pu me montrer forte c’est en toi que j’ai puisé cet appel à la vie. Et mes poumons se remplissent, j’avance. Petite Lou je t ‘aime et je me remplis aussi d’espoir dans chacun des gestes de ton frère, il est mon oxygène, et me nourrit. Il est aussi le refflet de ta vie, témoin de ce brassage, qui vous a fait naître, j’aime à penser que tu lui aurais ressemblée,  mais j’imagine aussi que tu m’aurais ressemblée, on aurait trouvé tant de points communs entre toi et moi, tous ces moments de complicité, cet air renfrogné par moment, ce nez en trompette, et ce caractère bien trempé. J’aurai aimé voir tes yeux.

Par sarounette - Publié dans : lettres ouvertes à Lou
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